Mauricio Pochettino, le 9 novembre 2019, lors du match nul entre Tottenham et Sheffield Ă  Londres
/ © 2019 AFP

De la finale de la Ligue des champions au chĂ´mage en cinq mois. L’Argentin Mauricio Pochettino a Ă©tĂ© limogĂ© mardi par Tottenham, le club qu’il avait menĂ© en finale de la C1 en juin.

“Les rĂ©sultats domestiques Ă  la fin de la saison dernière et au dĂ©but de celle-ci ont Ă©tĂ© extrĂŞmement dĂ©cevants”, a sobrement expliquĂ© le club de Londres, actuel 14e du championnat d’Angleterre.

En cause, une spirale négative et un jeu en déliquescence: dans sa folle course européenne la saison dernière, Tottenham avait en effet laissé des forces en Premier League, ne remportant que trois de ses douze derniers matches.

Et s’ils ont terminĂ© dans les places europĂ©ennes (4e), les Spurs le doivent surtout Ă  l’incapacitĂ© chronique d’Arsenal et Manchester United Ă  tenir le rythme.

Ces mauvais résultats se sont poursuivis cette saison puisque le club londonien pointe à la 14e place, à onze longueurs de la 4e place, synonyme de C1, et à vingt du leader Liverpool.

Pire, Tottenham, Ă©liminĂ© en Coupe de la Ligue par un club de D4, n’a plus remportĂ© de match (trois nuls, deux dĂ©faites) de Premier League depuis la rĂ©ception de Southampton (2-1), le 28 septembre.

Usure mutuelle

La Ligue des champions est essentielle pour les Spurs, qui se sont installés dans leur nouveau stade en avril 2019. Et où ils ont notamment subi la défaite européenne la plus lourde de leur histoire, face au Bayern Munich (7-2).

“Peut-ĂŞtre que mon message vous ennuie mais le football se joue aujourd’hui, pas hier (…) Il faut faire les choses aujourd’hui et demain. Ce n’est pas les expĂ©riences ou ce qui s’est passĂ© il y a trois mois qui compte”, avait rĂ©torquĂ© Pochettino, un brin irritĂ©, Ă  un journaliste qui lui demandait dĂ©but octobre oĂą Ă©taient passĂ©s les Spurs du printemps.

Cet Ă©tĂ©, Tottenham, qui a dĂ©pensĂ© plus d’un milliard d’euros pour sa nouvelle enceinte, a notamment recrutĂ© le milieu de terrain français Tanguy Ndombele (60 millions d’euros) et le dĂ©fenseur anglais Ryan Sessegnon (environ 40 millions d’euros).

Mais ces arrivĂ©es n’ont pas rĂ©ussi Ă  compenser un vestiaire perturbĂ© par les fins de contrat proches de cadres tels que Christian Eriksen, Toby Alderweireld ou Jan Vertonghen.

“Je ne peux pas assez remercier cette homme”, a Ă©crit le milieu de terrain international Dele Alli, accompagnant son tweet d’une photo de Pochettino.

“Il m’a tellement appris et je lui suis tellement reconnaissant pour tout ce qu’il a fait pour moi. Bonne chance et j’espère te revoir bientĂ´t, mon ami”, a-t-il ajoutĂ©.

Une finale en forme cadeau empoisonné

Mais le message de Pochettino passait-il encore? “Nous avons une Ă©quipe pleine de talent, nous devons retrouver l’Ă©nergie pour offrir une saison positive Ă  nos supporters”, a simplement rĂ©pondu le prĂ©sident Daniel Levy.

ArrivĂ© sur le banc des Spurs en 2014, l’ancien dĂ©fenseur du PSG, 47 ans, avait pourtant guidĂ© le club vers une finale de Ligue des champions, la première de son histoire, perdue devant Liverpool (2-0).

“Nous Ă©tions extrĂŞmement hĂ©sitants Ă  faire ce changement et ce n’est pas une dĂ©cision que nous avons prise Ă  la lĂ©gère”, a assurĂ© le club dans le communiquĂ©, Pochettino ayant menĂ© quatre fois dans le top 4 le club londonien. Les Spurs n’avaient atteint ce niveau qu’Ă  deux reprises lors des 22 saisons prĂ©cĂ©dant l’arrivĂ©e du technicien argentin.

Selon la presse anglaise, quatre noms Ă©mergent pour remplacer Pochettino: l’Allemand Julian Nagelsmann (RB Leipzig), l’Anglais Eddie Howe (Bournemouth) ou les Italiens Carlo Ancelotti (Naples) et Massimiliano Allegri (libre).

Mais c’est surtout le Portugais Jose Mourinho qui semble tenir la corde, Sky Sports assurant mĂŞme que les Spurs et “The Chosen One” Ă©taient dĂ©jĂ  en contacts.

Tottenham est toujours en course pour une qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions, dans un groupe oĂą figurent Ă©galement le Bayern mais aussi l’Etoile Rouge de Belgrade et l’Olympiakos.