Angleterre: Manchester United pour un putsch à Liverpool

Le milieu de terrain français de Manchester United, Paul Pogba, auteur de l’unique but du match de Premier League, le 12 janvier 2021 sur le terrain de Burnley
/ © 2021 AFP

Affiche toujours entourée d’une odeur de soufre, le Liverpool-Manchester United de dimanche, pour la 19e journée, a des airs de tentative de putsch en Premier League, les Red Devils espérant renverser le champion en titre qui a perdu de sa superbe.

Dépassés en milieu de semaine par Manchester, qui a remporté son match en retard contre Burnley (1-0) pour prendre trois points d’avance en tête, les Reds doivent réagir à Anfield Road (17h30, 16h30 GMT).

Une victoire leur redonnerait les rênes du championnat, alors qu’une défaite renforcerait l’idée qu’ils sont redevenus une équipe presque comme les autres.

L’entraîneur Jürgen Klopp s’est pourtant efforcé de banaliser cette rencontre.

“Gagner un match de football et battre Manchester United c’est déjà (une motivation suffisante) en soi (…) C’est tout ce à quoi on doit penser”, a-t-il relativisé en conférence de presse.

“La saison est encore longue, donc ce n’est pas vraiment le moment de se dire +si on gagne, on repasse devant, et bla bla bla+”, a-t-il poursuivi.

Au-delà des six points d’avance qu’il offrirait à United, un succès mancunien aurait pourtant un retentissement énorme.

Manchester reste un “chasseur”

D’abord parce que Liverpool n’a plus perdu à Anfield en championnat depuis trois ans et neuf mois (67 matches!).

Cette saison, les Reds se sont imposés sept fois sur huit sur leur pelouse.

Manchester United, de son côté, n’a plus perdu à l’extérieur en championnat depuis un an et… son dernier déplacement à Anfield Road le 19 janvier 2020.

Défaits 2-0, les Red Devils comptaient alors 30 points de retard sur Liverpool, qui comptait déjà 16 longueurs d’avance sur son dauphin Manchester City.

Ole Gunnar Solskjaer a logiquement préféré ne pas endosser trop vite le rôle de rival déclaré, même s’il avait reconnu mardi ne pas pouvoir “souhaiter meilleur moment pour aller” à Anfield.

“Je préfère être en tête et avoir les points qu’on a qu’être poursuivant, mais nous restons des chasseurs, à la chasse au champion sur une longue saison”, a-t-il expliqué avant le match.

Son équipe n’a pourtant plus été en tête à un stade si avancé de la saison depuis 2013, dernier exercice sous les ordres d’Alex Ferguson et surtout année du dernier titre.

“Pourquoi est-ce que cette équipe ne devrait-elle pas y croire?”, s’est interrogée l’ancienne gloire mancunienne, Gary Neville, après la victoire contre Burnley.

Qualités mentales et flexibilité tactique

“Si vous m’aviez demandé au début de la saison, je vous aurais répondu que non, il n’y avait aucune chance (que United joue le titre), car ils étaient très loin d’avoir la régularité nécessaire. Mais (…) il y a une part d’imprévisibilité dans cette saison dont Manchester United pourrait profiter”, avait-il ajouté.

Ce Manchester-là semble en tout cas doté de qualités mentales indéniables qui lui ont permis de remporter six des neuf matches où il a été mené.

Ses trois derniers succès obtenus par un but d’écart, avec beaucoup de sérieux et de patience, à défaut d’être flamboyants, sont aussi souvent la marque d’équipes faites pour jouer les premiers rôles sur une saison entière.

Avec un effectif pléthorique et épargné par les blessurescontrairement à Liverpool qui a payé un lourd tribut aux trois saisons jouées à fond sur tous les fronts

, Solskjaer dispose de la profondeur de banc et des options pour mettre en place la flexibilité tactique qu’il affectionne.

Mais il a sans doute aussi bien en tête que cette course de fond n’est pas une course à deux.

Avec Manchester City, à quatre points d’eux, avec un match en moins, Tottenham, sans oublier les outsiders encore au contact comme Leicester ou Everton, ils sont nombreux à être “à la chasse au champion”.