Angleterre: la police s’impatiente face au racisme dans le foot

La star de Manchester United Marcus Rashford, genou à terre dans un geste de soutien au mouvement antiracisme, avant son match à West Bromwich, le 14 février 2021
/ © 2021 AFP

La police britannique a demandé vendredi aux instances du football professionnel une meilleure coopération pour lutter contre le racisme en ligne et dans les stades.

Plusieurs joueurs comme Anthony Martial et Marcus Rashford à Manchester United, ou Reece James, à Chelsea, ont été la cible d’insultes et d’attaques racistes sur les réseaux sociaux ces dernières semaines.

Selon la BBC, le chef adjoint de la police Mark Roberts, en charge de la sécurité dans le football britannique, craint une recrudescence des propos et actes haineux lorsque les supporters pourront de nouveau aller au stade, une fois les mesures sanitaires levées.

“Avant le confinement, nous observions déjà une hausse (des actes à caractère raciste)”, a expliqué Mark Roberts à la BBC, demandant aux clubs de “se préparer” dès à présent.

“Il est arrivé que la police essaie de contacter un joueur et se soit heurtée à un mur au niveau du club”, a-t-il ajouté. “Et le joueur se pose ouvertement la question: +Que fait la police? Pourquoi ne me contacte-t-elle pas?+”.

Il souhaiterait dorénavant voir les quatre divisions professionnelles (Premier League, Championship, League One et League Two) réaliser un suivi hebdomadaire des actes racistes. Et chaque club disposerait d’un officier de liaison au sein de la police les jours de match pour mieux les gérer.

Mark Roberts a par ailleurs dénoncé l’inaction des responsables des géants des réseaux sociaux (Facebook, Twitter…).

Mais Twitter a déjà fait savoir il y a deux semaines qu’il n’entendait pas censurer les commentaires venant de comptes anonymes: “Nous pensons que tout le monde a le droit de partager son avis sans avoir besoin de présenter une pièce d’identité. L’usage de pseudonymes est un outil vital pour s’exprimer dans des régimes oppressifs. Son rôle est tout aussi critique dans les sociétés démocratiques”, avait répondu le réseau social.