Le technicien espagnol Unai Emery désabusé durant la défaite de son équipe, Arsenal, face à Francfort, le 28 novembre 2019 à Londres
/ © 2019 AFP

Arsenal a fini par craquer et limoger vendredi Unai Emery au lendemain de la dĂ©faite de trop, Ă  domicile contre Francfort en Ligue Europa (2-1), confiant temporaire l’Ă©quipe Ă  son adjoint Freddie Ljungberg.

ArrivĂ© il y a 18 mois du Paris SG, avec la redoutable tâche de succĂ©der Ă  Arsène Wenger, le Basque n’a jamais totalement convaincu.

La première saison avait pourtant semblé correcte, avec une 5e place à un point de la Ligue des champions et une finale de Ligue Europa perdue contre Chelsea.

Mais le bilan chiffré du début de la seconde saison est accablant.

Arsenal n’a plus gagnĂ© depuis 7 rencontres toutes compĂ©titions confondues, du jamais vu depuis 1992, soit avant Wenger.

Sur ses 51 matches de Premier League qu’il aura dirigĂ©s, l’Espagnol a marquĂ© le mĂŞme nombre de points (88) qu’Arsène Wenger sur les 51 derniers de sa fin de règne douloureuse, mais avec des diffĂ©rences de poids.

Alors que le rapport tirs tentĂ©s/tirs subis de Wenger sur cette pĂ©riode Ă©tait de +177, celui d’Emery est de

88 mettant en lumière ses errements aussi bien dĂ©fensifs qu’offensifs.

Son acharnement Ă  vouloir voir son Ă©quipe relancer au sol depuis sa surface alors que ses joueurs manquaient visiblement de qualitĂ© technique et d’intelligence tactique pour le faire, aura coĂ»tĂ© cher.

35 joueurs déjà utilisés

Arsenal est peut-ĂŞtre l’une des Ă©quipes qui produit le moins de longs ballons en championnat cette saison (4e avec 56 par match en moyenne), mais elle est surtout celle qui a commis le plus d’erreurs amenant des buts (14) en Europe.

Se rĂ©fugiant dans un discours incomprĂ©hensible, oĂą il assurait voir des progrès chez ses joueurs que personne d’autre ne constatait, il a bien souvent donnĂ© l’impression d’ĂŞtre aussi dĂ©boussolĂ© que son Ă©quipe.

Le problème de leadership patent chez les Londoniens n’est pas liĂ© qu’au manque de caractère des joueurs, sauf peut-ĂŞtre le Français Matteo Guendouzi, seul Ă  lever la voix, malgrĂ© ses 20 ans et ses prestations imparfaites.

Lors des 78 matches qu’il a dirigĂ© en compĂ©tition officielle, Emery a dĂ©signĂ© 9 capitaines diffĂ©rents. Et encore ! Laurent Koscielny, parti Ă  Bordeaux cet Ă©tĂ©, l’a portĂ© Ă  24 reprises.

Pire, personne aujourd’hui ne saurait expliquer le jeu qu’Emery voulait mettre en place.

Avec 35 joueurs utilisés en championnat cette saison1er de Premier League

, et ses 32 remplacements avant la mi-temps1er Ă©galement

, il semblait perdu.

Croire encore Ă  la Ligue des champions

En termes de schĂ©ma de jeu ce n’est guère mieux: Arsenal a dĂ©butĂ© 22 matches de PL en 4-2-3-1, son organisation fĂ©tiche, mais aussi 15 avec 3 dĂ©fenseurs centraux et 14 dans une autre organisation Ă  4 dĂ©fenseurs, type 4-4-2 avec un milieu en losange.

En dĂ©cidant de couper dans le vif lors d’une sĂ©quence de matches rapprochĂ©s, contrairement Ă  Tottenham qui a profitĂ© de la trĂŞve internationale pour remplacer Mauricio Pochettino par JosĂ© Mourinho en moins de 24 heures, Arsenal prend un risque calculĂ©.

Pour l’intĂ©rimaire Ljungberg, ancien de la maison, l’urgence sera de profiter du dĂ©placement Ă  Norwich, 18e, dimanche, pour rĂ©duire si possible l’Ă©cart de 8 points avec le Top 4 et croire encore Ă  la qualification en Ligue des champions.

Les noms de remplaçants potentiels fleurissent depuis belle lurette. Il y a les coaches libres comme l’ex de la Juve Massimiliano Allegri ou Pochettino, malgrĂ© son passĂ© rĂ©cent de “Spurs” qui lui mettrait une grande cible sur le dos chez les supporters.

Et il y a les coaches sous contrat, comme Mikel Arteta, l’adjoint de Pep Guardiola Ă  Manchester City, lui aussi un ex-Gunner ou Nuno Espirito Santo, mais il paraĂ®t difficile de voir Wolverhampton, 5e et qualifiĂ© pour les 16e de Ligue Europa, le lâcher en cours de saison.

Les Gunners ont intérêt à viser juste, cette fois !