Alvaro à l’AFP: “La Ligue Europa pour l’OM, et on remet tout à zéro”

Le défenseur espagnol de Marseille, Alvaro Gonzalez, lors d’une interview avec l’AFP à La Commanderie, le centre d’entraînement du club, à Marseille, le 14 mai 2021
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“Encore quelques points à prendre pour atteindre la Ligue Europa et ensuite on remet tout à zéro”. A huit jours de la fin d’une saison “vraiment dure”, le défenseur de l’OM Alvaro Gonzalez a expliqué à l’AFP que son équipe devait tout faire pour atteindre l’Europe avant de tourner la page.

Q: La saison se termine. Comment la résumeriez-vous en un mot ?

R: “Ca a été une saison vraiment dure. A cause du Covid, déjà. Le Vélodrome sans supporters, c’est un truc de fou. Trouver la motivation sans eux était difficile. Ca nous a fait perdre des points, c’est sûr. Ensuite il y a eu des choses nulles sur le plan personnel, comme l’histoire avec Neymar. Cette saison a duré neuf mois mais ça m’a semblé trois ans. Le Covid, Neymar, tous les changements, la Commanderie… Bon, c’est la vie, c’est Marseille ! On va avoir besoin de déconnecter, ça a été difficile. Il manque encore quelques points pour atteindre la Ligue Europa et ensuite on devra tout remettre à zéro et revenir avec toutes nos forces. Avec les supporters de retour, on sera forts. Un stade plein, je rêve de ça et c’est important pour Marseille. Et on aura un effectif pour être en haut, parce que Pablo (Longoria, président du club) et le coach travaillent bien.”

Q: Après deux mois avec Jorge Sampaoli, où en est le chantier ?

R: “L’équipe s’est déjà beaucoup améliorée. Changer beaucoup de choses en cours de saison, c’est difficile. On doit encore être un peu mieux dans les matches mais si on regarde les résultats, c’est déjà pas mal. Ensuite, l’été sera long parce qu’on va travailler sur ce que le coach veut mettre en place, son football d’attaque. Il y a des risques à prendre, un danger de contre-attaques. Mais avec le travail de cette saison et celui de cet été, on va trouver comment bien jouer et avoir des résultats.”

Q: Quel bilan personnel faites-vous de cette saison ? Vous plaisantez souvent sur vos qualités, que vous jugez limitées…

R: “Ah je ne suis pas le meilleur, c’est sûr ! Il faut savoir où tu es fort, où tu dois t’améliorer et où tu dois juste donner le ballon aux autres pour qu’ils fassent autre chose. Après 12 ans de carrière, je me connais bien. Je sais aussi que cette saison, j’ai parfois été mauvais même sur les choses où je suis bon. Je n’avais jamais joué à trois derrière. Je me suis aussi cassé la main (en mars, NDLR) et après, je n’étais pas totalement serein dans les duels. Il y a un Alvaro avant et un Alvaro après la blessure.”

Q: Vous avez une image de leader, vous communiquez beaucoup, avec la presse ou sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous n’avez pas l’impression d’en avoir parfois trop fait ?

R: “Non. C’est très important dans le foot d’aujourd’hui. Bien sûr, ça dépend des personnalités, tu ne peux pas demander ça à tous les joueurs. Mais il faut parler. Je sais que je peux être critiqué mais ça n’est pas un problème. Je parle pour dire la vérité, quand je parle de l’équipe, de mes performances, de Valbuena… Neymar c’était différent parce que c’était mondial et qu’on parlait de racisme. Je ne conçois pas un monde de racisme ou d’homophobie. C’est pour ça que ça m’a dépassé. Quand tu vis à Marseille où il y a +1.000+ nationalités, quand tu as 12 ans de foot professionnel et des amis partout, c’est dur d’être traité de raciste.”

Q: Sur Instagram, vous avez écrit que “Marseille a tout changé”. Ce sont vos meilleures années, de joueur et d’homme ?

R: “C’est ici que je peux donner le plus. Ailleurs, je n’aurais pas la même motivation, même en Espagne. Je veux partir en ayant bien fait le travail, avec des supporters qui savent que j’ai fait de bonnes choses pour ce maillot. Oui, Marseille a tout changé. Ailleurs, je n’ai pas trouvé la même connexion entre ma mentalité et celle de la ville. C’est vrai que c’est dur cette année mais je suis convaincu que tout va changer. La vie est tellement différente aujourd’hui, tellement bizarre. Il faut l’accepter mais on espère que l’an prochain la vie et le football seront meilleurs.”

Propos recueillis par Stanislas TOUCHOT