Allemagne: Nkunku flamboyant à Leipzig à huit mois du Mondial

Le milieu de terrain français de Leipzig, Christopher Nkunku, pendant le match de quart de finale de la Coupe d’Allemagne (DFB Pokal) Hanover contre RB Leipzig à Hanovre, dans l’ouest de l’Allemagne, le 2 mars 2022
Par Christophe BEAUDUFE / © 2022 AFP

Jamais encore international A avec la France, Christopher Nkunku a pris une dimension nouvelle à Leipzig, dont il est à la fois un maître à jouer et le buteur numéro un, de quoi alimenter ses ambitions en Bleu à huit mois du Mondial-2022.

Ses statistiques depuis août parlent plus que tous les commentaires: avec 25 buts toute compétitions confondues, cet attaquant formé au Paris SG est actuellement le deuxième meilleur buteur français en Europe juste derrière Karim Benzema (26 buts) et devant Kylian Mbappé (24 buts).

A ce bilan, il faut ajouter 13 passes décisives ou penalties obtenus!

“On voit toujours à la télé ses buts, ses passes décisives, ses jonglages et ses gris-gris”, l’a encensé mercredi son entraîneur Domenico Tedesco, après son doublé en coupe contre Hanovre (4-0). “Mais il est beaucoup plus que ça: il travaille, il sprinte, il est très bon dans le contre-pressing, et il a évidemment des qualités offensives, un très bon tir des deux pieds, une grande vitesse et un excellent contrôle de balle”.

Le sélectionneur Didier Deschamps l’a dit à deux reprises lors des rassemblements de l’automne: “C’est un joueur que l’on suit (…) Il fait partie des candidats sérieux qui peuvent aspirer à avoir cette opportunité-là” de rejoindre l’équipe de France.

“Plus de liberté”

Agé de 24 ans, Nkunku est arrivé en Saxe en 2019. Il y a déjà acquis l’expérience d’une demi-finale de Ligue des champions, perdue (3-0) contre le Paris SG à Lisbonne, en août 2020.

Paradoxalement, c’est peut-être le départ de Julian Nagelsmann, le coach-star qui l’a fait progresser pendant deux ans, qui l’a définitivement libéré.

“Julian me demandait de remplir plusieurs tâches sur le terrain, ce que j’ai fait”, expliquait-il en décembre. “Mais Jesse (Marsch) me laisse plus de liberté pour exprimer mes qualités, et j’en profite”.

Marsch a été limogé mi-décembre et remplacé par Tedesco, mais l’Italo-Allemand continue de positionner Nkunku plus dans un rôle d’attaquant pur que de milieu de terrain offensif. Et le Français se régale: il vient de marquer sept buts en sept matches depuis la reprise du championnat en janvier.

La majorité de ses buts suivent le même schéma: lancé en profondeur dans l’axe, il prend de vitesse les défenseurs sur 15 ou 20 mètres (flashé à 35,5 km/h) et s’en va battre le gardien en un-contre-un. Sauf lorsqu’il marque un coup franc direct dont il a le secret, comme contre Cologne le 11 février, pour ouvrir le score.

Les choix de Deschamps

Car Nkunku a un autre talent: celui de marquer les buts importants. De ceux qui débloquent ou gagnent les rencontres: contre Hanovre en coupe mercredi, c’est lui qui tue le match avec un doublé dès les 17e et 22e minutes.

Quatre jours plus tôt en championnat à Bochum, c’est lui qui donne les trois points à Leipzig, comme plusieurs fois cette saison, en marquant l’unique but de la partie en fin de match (1-0, 82e).

Son efficacité ne s’arrête pas aux frontières: en phase de groupe de Ligue des champions contre le Paris SG en novembre, c’est encore lui qui arrache un nul face à son ancien club: en obtenant un penalty dans le temps additionnel, pour l’égalisation de Dominik Szloboszlai (2-2, 90e+2), après avoir lui-même ouvert le score dès la 8e minute (1-0).

Si le RB est, en ce début mars, le seul club allemand encore en course dans trois compétitions différentes (Bundesliga, coupe, Ligue Europa), il le doit donc largement aux performances de son numéro 18.

L’équipe de France, où la concurrence est extrêmement rude, représente évidemment une marche supérieure à gravir. Mais Nkunku, s’il continue sur sa lancée, risque de compliquer encore un peu plus les choix de Didier Deschamps au printemps et à l’approche du Mondial au Qatar (21 novembre-18 décembre).