Allemagne: Leverkusen, leader gonflé à bloc pour recevoir le Bayern

La joie des joueurs de Leverkusen après leur victoire dans le derby à Cologne, le 16 décembre 2020
Par Christophe BEAUDUFE / © 2020 AFP

Après leur victoire 4-0 mercredi dans le derby du Rhin à Cologne, les joueurs de Leverkusen ont dansé frénétiquement devant les tribunes vides: rien, pas même l’absence de fans, ne douche l’enthousiasme des inattendus leaders de la Bundesliga, qui défient samedi (18h30) le grand Bayern.

Surnommé en Allemagne le “Werkself”, le “onze de l’usine” (fondé en 1904 par le chimiste Bayer), Leverkusen est en tête avec un point d’avance sur Munich. Il n’avait plus occupé la première place depuis septembre 2014.

Les récentes heures de gloire du Bayer remontent au début du siècle, et surtout à la douloureuse année 2002, celle des titres perdus: vice-champion d’Allemagne (à un point de Dortmund), et double finaliste malheureux, de la Coupe d’Allemagne contre Schalke, et de la Ligue des champions contre le Real Madrid de Zidane (2-1).

Jamais encore le “Werkself” n’a remporté la Bundesliga, mais la génération actuelle prouve au moins qu’elle n’en fait pas de complexes.

Après avoir raté d’un cheveu la qualification pour la Ligue des champions en juin dernier, les hommes du Néerlandais Peter Bosz (ex-coach de l’Ajax d’Amsterdam et de Dortmund) ont démarré cette saison en boulet de canon.

“La qualité, nous l’avons”

Après 12 journées, ils sont la seule équipe toujours invaincue. Ils ont remporté huit de leur neuf dernières rencontres. Et toutes compétitions confondues, ils n’ont perdu qu’une fois (en 19 matches), à Prague contre le Slavia en Ligue Europa (1-0).

De quoi donner une confiance qui manque souvent aux adversaires du Bayern: “Toutes les équipes sont +battables+”, se convainc le milieu de terrain de 24 ans Nadiem Amiri, récemment appelé en sélection par Joachim Löw. “Il faut y mettre beaucoup de cœur, de volonté, mais la qualité, nous l’avons de toute façon.”

Bosz, jusqu’ici, a plutôt très bien géré le calendrier infernal de ce début de saison, en réussissant à faire tourner sans chute de performance, et en évitant une avalanche de blessures.

Ses stars de l’attaque sont l’international argentin Lucas Alario (huit buts déjà en Bundesliga) et l’international Espoirs français Moussa Diaby, un ancien du Paris SG qui vient de prolonger son contrat jusqu’en 2025.

La vitesse des attaquants sera samedi l’un des soucis du Bayern, dont la vivacité derrière n’est pas la principale qualité.

En défense centrale, Leverkusen possède avec Jonathan Tah un international allemand à la forte personnalité et au grand avenir. A son contact, l’international Burkinabé de 21 ans Edmond Tapsoba est en train de prendre une nouvelle dimension.

Le Bayern offensif mais fatigué

Le coach a donné à cette équipe un équilibre, qui fait d’elle la deuxième meilleure défense du championnat (dix buts encaissés) juste après Leipzig, et la deuxième meilleure attaque (27 buts marqués), derrière le Bayern.

Les champions d’Europe, en matière offensive, sont de toute façon hors concours, avec 37 buts, soit plus de trois par matches en moyenne!

Mais le moment est peut-être le meilleur pour recevoir l’ogre bavarois, qui accuse clairement la fatigue après un été et un automne de folie. Les Munichois viennent de concéder trois nuls en cinq matches, et ont été menés au score à chaque fois lors des six dernières rencontres.

Ils ont cependant impressionné par leur force mentale, qui leur a permis jusqu’ici de compenser leurs faiblesses dans le jeu.

“C’est beaucoup dans la tête”, confirme d’ailleurs Robert Lewandowski, qui étrennera ce samedi son titre de meilleur joueur Fifa de l’année obtenu jeudi. “Il va juste falloir y aller à fond. Peu importe le niveau de Leverkusen, nous devons gagner ce dernier match”.

Le vainqueur aura l’avantage psychologique de virer en tête au classement avant la mini-trêve du championnat, qui fait relâche jusqu’au premier week-end de janvier.