Allemagne: le Bayern mis KO par le promu Bochum (4-2)

Le capitaine Thomas Müller et le Bayern Munich battus à Bochum, le 12 février 2022
/ © 2022 AFP

Malgré un doublé de Robert Lewandowski, le Bayern a été mis KO samedi par le promu Bochum 4-2, après avoir encaissé quatre buts en première période, du jamais vu pour le “Rekordmeister” depuis… 1975.

Cette claque, à quatre jours de son entrée en lice en Ligue des champions à Salzbourg, laisse tout de même le “Rekordmeister” avec provisoirement neuf points d’avance sur Dortmund en tête du classement. Et Robert Lewandowski au sommet du classement des buteurs avec 26 réalisations en 22 journées.

Le Borussia peut se rapprocher un peu dimanche, à condition d’aller battre l’Union Berlin, qui lutte pour une place dans le top-4 et une qualification pour la Ligue des champions.

Cette fois, pas de Covid, d’infirmerie pleine ou de fatigue particulière pour expliquer l’effondrement du Bayern. L’équipe alignée au départ était constituée de toutes les stars du club, à l’exception du gardien et capitaine Manuel Neuer, opéré d’un genou dans la semaine.

Vainqueur des neuf dernières Bundesliga, Munich cultive toutefois une constante: intraitable contre ses rivaux directs Dortmund et Leipzig, et en Ligue des champions, l’orgueilleux “Rekordmeister” connaît souvent ses pires défaillances contre des équipes totalement à sa portée, voire mal classées, comme Mönchengladbach (1-2 en championnat et 0-5 en coupe) ou Augsbourg (1-2).

7-0 à l’aller

Faudra-t-il incriminer le changement de système opéré par Julian Nagelsmann? Confiant dans la flexibilité et l’intelligence tactique de sa pléiade d’internationaux, le coach avait débuté avec une défense à quatre et Kimmich en seule sentinelle, après quelques matches en défense à trois avec deux milieux défensifs.

Mais le Bayern, après avoir rapidement ouvert le score par Lewandowski (1-0, 9e), s’est laissé bousculer par un promu qu’il avait pourtant battu… 7-0 à l’aller en septembre.

Les joueurs de la Ruhr ont pressé haut, sans craintes et sans complexes. Plus forts dans les duels, chirurgicaux dans la finition, ils ont tout simplement été la meilleure équipe. Après avoir égalisé sur pénalty (14e), ils ont mis les Munichois KO en sept minutes en fin de première période, en marquant trois buts coup sur coup (38e, 40e, 44e).

Le Bayern, dans toute sa glorieuse histoire, n’avait encaissé que cinq fois quatre buts ou plus en première période. La dernière fois en… 1975 contre Francfort (6-0, 5-0 à la pause).

Jamais encore l’équipe aux 31 titres de champion d’Allemagne n’avait encaissé autant de buts contre un promu.

Malheureux Upamecano

A la pause, Nagelsmann a sorti le malheureux Dayot Upamenaco, totalement passé à côté de son match, et fait entrer Corentin Tolisso au milieu, pour revenir au 3-2-4-1 qui avait bien fonctionné ces derniers temps.

Mais Bochum, poussé par 10.000 supporteurs (jauge sanitaire) déchaînés, tenait son exploit, et les joueurs au maillot bleu ont joué la mi-temps de leur vie. Lewandowski n’a marqué qu’une fois (4-2, 75e), et touché la barre en fin de match (85e).

Les joueurs de Bochum étaient instruits par l’histoire: en 1976, les deux équipes s’étaient livrées un match entré dans la légende du football allemand. Après avoir marqué trois buts en première période, Bochum menait 4-0 à la 53e minute. Mais Karl-Heinz Rummenigge, Georg Schwarzenbeck, Gerd Müller (doublé) et Uli Hoeness à la 89e minute avaient renversé la situation et offert in-extremis une victoire 6-5 au Bayern.

Dans les autres matches samedi, Wolfsburg et Mönchengladbach, deux monuments en péril cette saison, ont gagné l’un et l’autre pour s’éloigner un peu de la zone rouge. Les “Loups” se sont imposés 2-0 à Francfort et les “Poulains” chez eux ont battu Augsbourg 3-2.