L’entraĂ®neur croate du Bayern Munich Niko Kovac lors du match perdu contre l’Eintracht, le 2 novembre 2019 Ă  Francfort
/ © 2019 AFP

Après l’humiliation du Bayern Munich 5-1 samedi Ă  Francfort, le sort de l’entraĂ®neur Niko Kovac, sur la sellette depuis des semaines, ne tient dĂ©sormais plus qu’Ă  un fil.

Le Croate de 48 ans va devoir nĂ©gocier cette semaine deux matches cruciaux, Ă  domicile, qui peuvent lui coĂ»ter son poste. Ou au contraire lui permettre de gagner du temps: contre l’Olympiakos mercredi en Ligue des champions, et contre Dortmund samedi, dans le “Klassiker” de la Bundesliga.

“Je sais comment fonctionne le football”, a-t-il rĂ©pondu samedi soir, Ă  chaud après la dĂ©bâcle, Ă  une question sur son avenir, “je ne suis ni naĂŻf ni ingĂ©nu. Ce que je pense n’a pas d’importance, il faut poser la question Ă  ceux qui, en fin de compte, sont responsables de la dĂ©cision.”

A l’automne dernier, il avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© au bord du limogeage. Avant de retourner la situation pour finalement remporter le doublĂ© national coupe/championnat.

Jeu indigent

Pour l’heure, son bilan parle contre lui. Les champions en titre n’ont gagnĂ© que cinq de leurs dix premiers matches de Bundesliga (18 pts), signant leur plus mauvais dĂ©part depuis la saison 2010/2011.

Ils n’avaient pas non plus encaissĂ© 5 buts en championnat depuis plus de dix ans (5-1 contre Wolfsburg en avril 2009). A l’Ă©poque, l’entraĂ®neur s’appelait JĂĽrgen Klinsmann, et il allait ĂŞtre limogĂ© trois semaines plus tard.

La brillante victoire 7-2 à Tottenham en Ligue des champions le 1er octobre fut un rayon de soleiltrompeurdans un ciel chargé. Même si le bilan sur la scène européenne est satisfaisant. Avec déjà trois victoires en trois matches, les Bavarois valideront dès mercredi leur qualification pour les 8e de finale, en cas de victoire.

Plus grave peut-ĂŞtre: depuis un mois, les succès eux-mĂŞmes suscitent d’acerbes critiques. Le jeu indigent proposĂ© par l’Ă©quipe est loin de satisfaire les ambitions des dirigeants.

“Ce n’est pas avec ce genre de prestation que nous allons nous offrir de grands succès cette saison”, avait dĂ©jĂ  lancĂ© Ă  ses joueurs le patron du Bayern Karl-Heinz Rummenigge, juste après la victoire laborieuse 3-2 au PirĂ©e contre l’Olympiakos. Bis repetita cette semaine, avec un inquiĂ©tant succès 2-1, Ă  l’arrachĂ© dans les dernières minutes, en coupe d’Allemagne contre Bochum, le 17e de deuxième division!

“Les joueurs le critiquent”

Rummenigge, depuis le recrutement de Kovac en 2018, n’a jamais Ă©tĂ© convaincu par l’homme et ses mĂ©thodes. Et le prĂ©sident Uli Hoeness, l’autre grand patron du club, n’aborde plus le sujet depuis quelques temps.

“Quels arguments reste-t-il pour garder Kovac, abandonnĂ© par sa propre Ă©quipe?”, s’interroge dimanche le grand quotidien populaire Bild sur son site en ligne.

Car, selon la presse spĂ©cialisĂ©e, le Croate a Ă©galement perdu la confiance du vestiaire. “Les joueurs le critiquent de plus en plus souvent et ouvertement, ce qui leur permet de dĂ©tourner l’attention de leurs propres lacunes”, assure Bild.

“Les joueurs dĂ©noncent le manque de souplesse tactique et de solutions de jeu en attaque, de combinaisons travaillĂ©es”, ajoute Kicker, la Bible du foot allemand, “l’entraĂ®nement serait, dit-on en interne, trop axĂ© sur la dĂ©fense”. Ce qui n’empĂŞche pas le Bayern d’encaisser but sur but!

Cette semaine, les absences sur blessure des deux titulaires en défense centrale, Niklas Süle (fin de saison) et Lucas Hernandez (début 2020), ne vont certainement pas aider Kovac à sauver sa tête.